
Le Luxembourg est souvent réduit à son image de place financière. Voyager dans ce pays, c’est pourtant traverser des paysages qui changent tous les trente kilomètres, passer d’un plateau forestier à une gorge de grès, puis à une vallée fluviale bordée de vignes. Le Grand-Duché se parcourt vite, mais il se découvre lentement.
Transports gratuits au Luxembourg : ce que cela change pour le voyageur
Depuis que le Luxembourg a instauré la gratuité de ses transports publics, bus, trams et trains de deuxième classe ne coûtent plus rien. Pour un visiteur, cela simplifie radicalement la logistique.
Vous arrivez en gare de Luxembourg-Ville, vous montez dans un bus ou un train régional, et vous rejoignez Vianden, Echternach ou Esch-sur-Sûre sans jamais sortir votre portefeuille. Pas de ticket à valider, pas d’application à télécharger.
Les transports gratuits ont surtout amélioré les trajets courts, notamment entre la capitale et ses communes limitrophes. Pour les excursions plus longues vers l’Oesling ou le Mullerthal, les fréquences restent modestes en dehors des heures de pointe. Vérifiez les horaires la veille, surtout le week-end.
L’idéal reste de combiner le train pour les grands axes et la marche ou le vélo pour les derniers kilomètres. Vous pouvez accéder au site Votre Travel Guide pour organiser vos étapes entre les différentes régions du pays.

Luxembourg-Ville : le quartier du Grund et les casemates du Bock
La capitale concentre la majorité des visites, et deux sites justifient à eux seuls une journée entière.
Descendre dans le Grund
Le Grund est le quartier bas de la ville, coincé entre les falaises de la forteresse et la rivière Alzette. On y accède par un ascenseur panoramique depuis le plateau du Saint-Esprit, ou à pied par les escaliers taillés dans la roche.
En bas, l’atmosphère change. Anciennes maisons de meuniers, restaurants installés dans des caves voûtées, abbaye de Neumünster reconvertie en centre culturel. Le Grund offre un contraste saisissant avec le centre-ville moderne situé quelques dizaines de mètres au-dessus.
Les casemates du Bock
Les casemates sont un réseau de galeries souterraines creusées dans le promontoire rocheux du Bock. Elles servaient de défense militaire et pouvaient abriter des milliers de soldats.
Aujourd’hui, on les visite pour la vue qu’elles offrent sur la vallée de l’Alzette et pour comprendre pourquoi Luxembourg a été surnommée « la Gibraltar du Nord ». Les casemates du Bock figurent au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comptez une bonne heure de visite, en gardant une veste : la température souterraine reste fraîche même en été.
Château de Vianden et vallée de la Sûre : l’autre visage du Luxembourg
Pourquoi quitter la capitale ? Parce que le nord du pays ressemble davantage aux Ardennes belges qu’à une métropole européenne, et c’est précisément son intérêt.
Le château de Vianden domine la ville depuis une crête rocheuse. C’est l’un des plus grands châteaux féodaux d’Europe occidentale. Sa restauration, menée sur plusieurs décennies, lui a redonné ses salles romanes et gothiques. La montée depuis le village se fait à pied en une vingtaine de minutes, ou par un télésiège qui surplombe la rivière Our.
La vallée de la Sûre, plus à l’ouest, est le territoire du Luxembourg vert. Le village d’Esch-sur-Sûre, enserré dans une boucle de la rivière, est photographié sous tous les angles, mais il mérite mieux qu’une photo. Les sentiers qui partent du village mènent à des points de vue sur le lac du barrage et les forêts d’altitude. C’est une zone où le camping a fortement progressé ces dernières années.

Le boom du camping au Luxembourg : une tendance à connaître avant de réserver
Les guides classiques orientent vers les hôtels de la capitale ou les gîtes ruraux. Ils passent à côté d’une évolution marquante : les arrivées de campeurs ont bondi d’environ 50 % par rapport à 2019, et les nuitées en camping ont augmenté de près de 30 % sur la même période.
Cette hausse concerne surtout deux régions :
- L’Oesling (Ardennes luxembourgeoises), où les campings bordent les rivières et les sentiers de randonnée. La demande a poussé certains établissements à monter en gamme, avec des emplacements équipés et des hébergements de type cabane ou pod.
- Le Mullerthal (Petite Suisse luxembourgeoise), dont les formations rocheuses attirent les randonneurs. Les campings y servent de camp de base pour les sentiers balisés qui serpentent entre les gorges de grès.
- Les abords du lac de la Haute-Sûre, prisés pour les activités nautiques et la baignade en été.
Conséquence pratique : réserver son emplacement de camping est devenu nécessaire en haute saison, surtout entre juin et septembre. Ce n’était pas le cas il y a quelques années.
Itinéraire de quatre jours au Luxembourg : un découpage par région
Le pays se traverse en moins de deux heures en voiture, mais espacer les étapes permet d’absorber la diversité des paysages.
Jour 1 : Luxembourg-Ville. Quartier du Grund, casemates du Bock, place Guillaume II, marché sur la place d’Armes si vous tombez un mercredi ou un samedi. Le Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (Mudam) vaut le détour pour son architecture signée Ieoh Ming Pei.
Jour 2 : Mullerthal. Départ matinal en train vers Echternach, puis randonnée sur le sentier du Mullerthal Trail. Les passages entre les parois rocheuses sont spectaculaires. Prévoir des chaussures adaptées, le terrain est humide.
Jour 3 : Vianden et la vallée de l’Our. Visite du château le matin, descente dans le village, déjeuner au bord de la rivière. L’après-midi, balade vers le barrage de Vianden ou les sentiers forestiers alentour.
Jour 4 : Esch-sur-Sûre et le lac de la Haute-Sûre. Randonnée autour du lac, visite du village, retour vers la capitale en fin de journée par le train.
Ce découpage fonctionne aussi bien en voiture qu’en transport public, à condition d’adapter les horaires aux lignes régionales.
Le Luxembourg ne demande pas de longues vacances pour livrer ses meilleurs angles. Quatre jours suffisent pour passer des galeries souterraines de la capitale aux gorges du Mullerthal, puis aux crêtes de l’Oesling. Le pays se prête à un rythme lent, ponctué de trains gratuits et de sentiers forestiers qui finissent toujours par déboucher sur un château ou un lac.